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Victoria, beauté baroque

29 Sep

DSC_0099Les pieds dans la vase et la tête dans les nuages, Victoria pourrait se demander ce qu’elle est venue faire dans cette galère. L’eau est fraîche, le tronc d’arbre sur lequel elle s’installe tangue, elle est presque nue. Mais l’art figé de la photographie exige qu’elle reste impassible. Immobile. Le temps d’un instant capturé par Philippe, de l’autre côté de l’objectif.

Fut une époque où Victoria était de l’autre côté… des fourneaux. Elle y repasse d’ailleurs de temps en temps, armée d’un bac pro ès cuisine et de quelques ustensiles nécessaires pour faire mijoter un poulet au curry ou autres délices. Mais alors qu’elle plongeait régulièrement les bras dans la fabrication de bons petits plats, la jeune femme se fait un jour arrêter dans la rue. Un peu comme dans les films, où l’on ne sait pas encore si le photographe qui vante sa beauté et lui propose des clichés est un psychopathe en puissance ou un artiste en devenir.

Mais trop de réflexion empêche l’action ! Après quelques coups de fil, Victoria se jette à l’eau et se découvre belle sous les yeux d’un autre. Vêtements, lingerie puis nudité, la voici décomplexée et rayonnante de beauté pour les artistes de Tours ou Paris. Naïade vaporeuse, piquante lolita ou poupée gironde, elle trouve dans l’objectif un miroir où tout Narcisse se verrait changé : transfigurée par les regards bienveillants, la Tourangelle de 23 ans assume alors rondeurs et féminité, au point de se jeter dans le grand bain en tentant l’aventure du cabaret burlesque. Elle qui, enfant, rêvassait devant le Crazy Horse où la taille mannequin est plus qu’un diktat, se réinvente en effeuilleuse burlesque en ce début d’automne. Seulement habillée de plumes et nippies, de dentelles et d’un regard captivant, Victoria laisse place à Naphetaline. Loin d’être remisée au fond d’un placard, la jeune femme s’amuse ainsi d’un nom trouvé par sa mère qui la décrit un jour comme une petite boule blanche, mais est la première à l’encourager à saisir ses rêves d’artiste à bras le corps.

Navigant au gré des opportunités, Victoria a clôturé le chapitre des régimes inutiles pour assumer aujourd’hui la femme qu’elle est devenue et restera à jamais grâce aux images figées sur papier glacé. Vénus réinventée émergeant des eaux froides d’une Loire embrumée, elle sourit à un monde pour le transformer, comme dirait l’autre, en un lieu où tout n’est que luxe, calme et volupté.

Naphetaline

 Derrière le cadre de Détourages : Victoria alias Naphetaline, que vous pouvez suivre sur Facebook ou sur son site-book en ligne www.naphetaline.book.fr/galeries.

Nicolas, pile et face

28 Mar

DSC_0130C’est peut-être une histoire de boutons. De touches. Ou de clés. Bref, des bidules qu’on tourne, qu’on pousse, sur lesquels on appuie, pour produire des sons. Du son. De la musique.

Saxophoniste de longue date, Nicolas hésite à finir sa formation au Conservatoire et prend une année pour explorer un autre univers qu’il chatouille déjà depuis l’adolescence : ingénieur du son.

Concours puis entrée dans une école belge qui forme à la musique de film. Mais toute parenthèse a vocation à être refermée, même provisoirement, et après un an en terres étrangères, retour à Tours pour finir ses études et devenir prof de saxo, sans oublier l’idée de travailler aussi en studio, de l’autre côté du micro.

Si un musicien répète des heures durant pour un éphémère instant de grâce, l’ingénieur œuvre à graver finement cet instant intemporel pour qu’il dure. Un travail par touches successives, devant le chevalet de la console et ses multiples boutons, pour arriver, pas à pas et note après note, à traduire l’état créatif de l’artiste tout en le rendant accessible et compréhensible à l’auditeur.

Nicolas cultive donc les deux facettes, tantôt musicien, tantôt technicien, à coups de projets divers et variés, de studio monté puis démonté jusqu’à Vouvray où il est aujourd’hui installé.

Il avoue osciller entre les deux côtés, musique et technique, au risque de développer une schizophrénie artistique entre la liberté insensée de l’artiste et la rigueur rationnelle de l’ingénieur. Pile ou face, l’ingé son a trouvé son miroir dans Romain alias Jekyll Wood, pour qui il devient donc mister Hyde. Caché dans l’ombre à l’abri des projecteurs, une place qu’il semble apprécier derrière des pseudonymes variés. La moitié de Jekyll laisse ainsi la place à un anonyme Mr Smith lorsqu’il s’agit d’électro, derrière une console éloignée des micros.

Au fil des projets, pas peur de tomber puisqu’il sait que d’une manière ou d’une autre on peut se relever. D’où l’idée (décidément récurrente dans cette galerie de portraits !) que tout est possible si on y croit un chouïa. Avec du travail tout de même, et la ferme volonté de ne jamais enterrer des rêves sans y avoir travaillé comme un fou pour voir s’il pouvait les concrétiser par chez nous !

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Derrière le cadre de Détourages: Nicolas Miljeu et son studio Nomad Music studionomadmusic.com, ainsi que le label TIO-Time Is Out dont font partie les artistes Jekyll Wood et Kundal. Pour les retrouver: www.label-tio.com Et pour contacter directement Nicolas: contact.nomadmusic@gmail.com ou 06.59.70.38.94.

Mathilde, peindre le faux pour avoir le vrai

16 Jan

nain de jardin en fausse rouille-2Non, elle ne transformera pas votre salon en saloon de western. Sauf si vous insistez et que les membres de votre famille ont décidé de céder à vos caprices. Peintre en décor ne veut pas dire qu’elle fera de votre cuisine un studio cinéma. Il s’agirait plutôt de vous aider à faire du beau avec du simple. Du marbre avec du papier kraft, des boiseries avec un pinceau, des briques…

Les briques, on ne sait pas trop comment. On sait juste que ce n’est pas pour de vrai. Elle nous trompe l’œil. Tout en le flattant. Mais du faux, encore du faux et rien que du faux. Avec une vraie passion.

Amoureuse des crayons et autres pinceaux depuis son enfance, alors que papa joue de la mine sur les plans d’architecte et que maman gribouille de temps en temps, Mathilde se laisse porter par la vague de son bac arts plastiques. Le cap n’est pas forcément le bon, et après un passage par le social pour constater que ce n’est pas sa voie, la licence d’histoire de l’art ne la convainc pas.

Pizzaïolo, afficheuse, intérim, tout y passe, elle ne reste pas en place. Bosser pour payer ses factures ? L’idéal pour se miner le moral et mal faire son travail. Pas envie non plus de jouer l’ouvrier pour répéter toute la semaine multipliée par l’infini la même tâche apprise le lundi. Pas persuadée de pouvoir supporter une hiérarchie.

Après ces va-et-vient professionnels, au tournant du quart de siècle, un bilan de compétences la ramène constamment aux pigments. Direction une formation où elle est aussi à l’aise dans le travail manuel que dans l’exercice de son imagination.

Aussitôt dit, aussitôt fait, l’entreprise Mimesis voit le jour au début de l’automne, et pour éviter les tâches monotones Mathilde offre son œil et ses couleurs aux particuliers comme aux créateurs : le théâtre bien sûr, mais aussi le cinéma s’il entrouvre ses bras.

Une conviction : la tête fatigue quand on ne s’en sert pas. L’atelier improvisé est donc souvent occupé, si ce n’est pour le projet rêvé (des décors pour Jean-Pierre Jeunet ?), du moins pour des toiles variées. Peintures de tous formats, avec pour point de départ : trois couleurs, trois artistes et un endroit.

Prochain objectif : s’affranchir de son souci de réflexion pour laisser jaillir spontanément sa création, et pourquoi pas faire voyager son imagination sur les décors d’un spectacle qui prendrait en partie vie grâce à ses doigts avertis?

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Derrière le cadre de Détourages: Mathilde Archambault et son entreprise Mimesis, peintre en décor (événementiel, particuliers, collectivités). A retrouver sur www.mimesisdecor.fr pour vous rincer et vous tromper l’œil!

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