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Béatrice et Guillain, le dessin dans la peau

28 Oct

DSC_0238-2 (Copier)Si vous entrez dans l’idée de vous faire tatouer la tête de Johnny et sa crinière blonde sur le haut de l’épaule, vous n’êtes sans doute pas à la bonne adresse. A moins d’accepter de voir votre icône reconfigurée (ou défigurée, selon que vous serez ou non un fanatique du vieux rocker, plus ou moins ouvert d’esprit).

Guillain et Béatrice ne donnent pas dans le symbole tribal à signification mystérieuse ou la copie conforme à ce que vous auriez pu voir sur internet. A chaque projet son dessin personnalisé.

Le passage du crayon à l’aiguille semblait d’ailleurs aller de soi : eux-mêmes tatoués, habiles de la plume ou du pinceau, la fusion des deux passions était à l’horizon.

Graphistes, sérigraphistes, dessinateurs, créateurs sur supports en tous genres, Béatrice et Guillain se sont donc attaqués en douceur à un nouveau matériau plus complexe : la peau.

Laiteuse de bébé, rugueuse d’homme des bois, pleine de grains de beauté ou déjà un peu ridée, la toile varie d’un client à l’autre, empêchant toute monotonie.

Depuis mai dernier, les deux artistes sont collègues, dans un salon installé Quai Paul Bert. Leur idée : ne pas proposer des tatouages, mais leurs tatouages… et, forcément, ceux de leurs clients. Bien sûr, en les entendant parler de tatouages « vibrants », on imagine du flou. Or au contraire il n’est pas question de trahir la confiance des courageux qui s’allongent pour tâter de l’aiguille. Il s’agit plutôt de graphismes faits maison et personnalisés, fidèles à eux-mêmes et à ceux qui les porteront à vie. Des pièces uniques pour des personnes qui le sont sans doute tout autant. Qu’ils arrivent pour piocher dans le catalogue, ou avec une idée en tête, ceux qui passent la porte du studio Heavy Patate savent en effet qu’ils peuvent y faire créer une tête de cerf, une asperge, un flamant rose, un cœur saignant ou tout simplement se faire inscrire à même le corps leur devise du moment. Que ce soit « Punk à chat » ou « bois du vin t’auras des copains » [nous signalons à nos lecteurs que tous ces exemples sont tirés de la vie réelle].

Des dessins décalés mais tracés droit, par des tatoueurs à l’énergie punk. Mais attention ! Des punks très propres, qui respectent au pied de la lettre les normes d’hygiène de la profession.

On sent une pointe d’excitation, voire d’émotion, dans le récit de ces nouvelles aventures. Pour assumer cette nouvelle activité, d’autres ont été laissées de côté, et on sélectionne plus les projets. Après les badges, les pochettes d’album, les t-shirts sérigraphiés et les images en tous genres, l’heure n’est pas à l’égo satisfait mais au frisson renouvelé : une nouvelle tête, un nouveau projet, une relation humaine valeur ajoutée au travail sur papier. De fait, une fois la séance achevée, après quelques heures de patience, l’œuvre ne leur appartient plus. On trouve ainsi dans les rues tourangelles de plus en plus de tableaux vivants signés Béatrice Myself ou Guillain Le Vilain. Mais si vous souhaitez intégrer la galerie, il faudra faire preuve de patience. Venir les rencontrer. Parler de votre idée. La voir dessinée. Puis pour le passage à l’encre attendre peut-être décembre ou janvier, pour cause d’agenda d’images déjà chargé !

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Derrière le cadre de Détourages: Guillain le Vilain et Béatrice Myself chez Heavy Patate, à retrouver sur le site internet http://heavypatate.tumblr.com/ ainsi que sur leurs sites respectifs: Béatrice sur http://beatricemyself.blogspot.fr/ et Guillain sur http://www.guillainlevilain.com/.

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Monique, chaud devant

21 Oct

DSC_0226 (Copier)Au début, on est un peu perdu : comme on a bien révisé, lorsque Monique nous parle de mandoline, on pense bien sûr à cet outil barbare qui coupe les légumes en tranches. En fait non, il y a un instrument de musique accroché au mur du salon, dont notre hôte aime chatouiller les cordes lorsqu’elle chante et compose.

Mais nous sommes là pour sa nouvelle activité, depuis deux ans déjà : sa cuisine. Qui est petite, soit dit en passant. En même temps, on nous a toujours dit que la taille importait peu, et après dégustation on confirme que dans une petite cuisine on peut faire de grands petits plats !

Monique est comme les chats : gardienne d’immeuble parisien, directrice de centre de loisirs banlieusard, et beaucoup d’autres, elle a eu plusieurs vies. Mais c’est après avoir vu la mort d’un peu trop près à son goût qu’elle s’est installée derrière les fourneaux.

Après plusieurs mois passés à rêver et fantasmer une nourriture à laquelle elle n’avait plus accès, elle s’imagine en cuisine. Mais ne se sentant pas l’énergie pour suivre le rythme d’un restaurant où les 400 coups sonnent perpétuellement, elle cherche les opportunités qu’elle finit par trouver. Elle sera cuisinière et intendante d’une troupe de théâtre de rue, alliant son goût pour la culture et son amour des saveurs. Pour le plus grand plaisir d’artistes ravis et rassasiés qui ne mangeront jamais deux fois le même plat durant les six premiers mois. L’expérience dure cinq ans, avant que Monique ne raccroche son tablier de salariée pour passer auto-entrepreneur et ne s’occuper que de cuisine.

Pas de recette, ou à condition d’en mélanger plusieurs, pour dépasser le statut de simple interprète et devenir auteur. Une balade sur le marché et un légume qui lui fait de l’œil, ou un frigo ouvert sur un désordre apparemment insoluble, et c’est le début d’une nouvelle invention. Célébrée par les initiés pour sa tarte au citron ou son fondant au chocolat, elle met un peu d’elle dans ses plats. Elle nous parle de don de soi. De partage autour d’une bonne table. Au pays où le repas gastronomique a été sanctifié par l’Unesco, on ne peut qu’acquiescer tout en salivant à l’idée des buffets de mariage, repas familiaux et cours à domicile qui défilent dans la conversation et notre imagination.

Loin des évaluations à l’emporte-pièce des cuisiniers amateurs qui visent sur M6 la perfection, en livrant dans la salle de bains leurs opinions, Monique préfère se concentrer sur ses créations, tant pour ses clients que dans la vie privée. Mais l’extrémisme médiatique à la Jean-Pierre Coffe ne l’intéresse pas : à la maison un soir où personne ne partagera le dîner, ou sur le pouce entre deux courses en ville, elle avalera peut-être un produit décongelé ou un hamburger préfabriqué.

Ecrire, dessiner, chanter, cuisiner : un besoin constant de faire turbiner les neurones et de créer. Un goût pour la vie exprimé dans des plats salés/sucrés qu’on vous invite à aller déguster !

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Derrière le cadre de Détourages: Monique et La Cuisine de Monique, qui propose des services de traiteur, buffet, plats à emporter et cours de cuisine, entre autres choses, à découvrir plus en détail sur http://lacuisinedemonique.wordpress.com/ ! Pour passer commande, un coup de fil au 06 24 25 24 60 ou un email à lacuisinedemonique@free.fr. Bon appétit!

Cécile, Dominique et Jean-Pascal, alchimistes

22 Août

DSC_0202 (Copier)Ils sont trois mais semblent travailler comme les cinq doigts de la main : musiques anciennes, musiques actuelles, photographie, peinture et littérature.

Savants dosages et précipitations délicates pour un bouillon de culture qu’ils cherchent à faire revivre dans un centre-ville peu à peu désossé de son activisme culturel. La faute au bruit, à la cigarette, aux salles conventionnelles qu’on installe en périphérie. Là où ça ne gêne pas.

La fratrie créatrice d’Arcades Institute, Cécile, Dominique et Jean-Pascal, baigne depuis toute petite dans le domaine de la création : un grand-père musicien, un passage l’un après l’autre par les Beaux-arts…

C’est donc une affaire de famille qui se noue au sous-sol d’un bâtiment discret, place de la Monnaie.

L’idée : que quelque chose se passe. Un lieu singulier de création et d’événements culturels sous les arcades d’une salle d’un autre temps. Le trio n’entend pas héberger des expositions à rallonge ou des concerts comme les autres. Libre cours est donné aux expériences, au travail en résidence, aux premières fois qui n’en amèneront peut-être pas d’autres.

La seule exigence reste donc le talent et la création. Nos trois compères se chargent ensuite de jouer les marieuses entre des artistes aux disciplines éloignées. Le décloisonnement qu’ils défendent ne se fait ainsi pas seulement dans la programmation qui rythme l’année, mais aussi dans l’association des créateurs autour de projets inédits. Le vernissage d’une expo photo se transforme ainsi en conférence-spectacle musical, tandis qu’un batteur et un acteur sont devenus sous leurs yeux collègues de partition.

Cette alchimie délicate fonctionne depuis maintenant trois ans, avec l’aide d’une bande, famille nombreuse réunie autour du berceau des Arcades pour prodiguer bons vœux et conseils avisés: l’ancienne Gisèle, Didier et Thierry s’occupent des musiques actuelles, Pascale de la musique dite ancienne, et Philippe de ce qui touche aux mots.

Loin du secteur public et de ses subventions, l’association fonctionne sur financements tirés d’événements privatisés. Un système qui fait ses preuves, et permet donc aux voûtes du centre-ville d’apparaître comme une oasis de liberté créatrice, presque underground – au moins au sens propre du terme. Le projet déborde d’ailleurs les murs du Vieux Tours, pour le plus grand bonheur de ses initiateurs : au-delà des collaborations avec les voisins associatifs et acteurs culturels, le concept n’est pas cantonné à la salle voûtée et pourrait de temps à autres se délocaliser. Nos trois apprentis sorciers du jour n’aspirent d’ailleurs qu’à voir prospérer aux alentours d’autres espaces de liberté.

DSC_0203 (Copier)Derrière le cadre de Détourages: Cécile, Dominique et Jean-Pascal Jauzenque, pour Arcades Institute à retrouver sur internet www.arcades-institute.fr et sur place, Place de la Monnaie Tournois.

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