Julie, ou comment tirer le chapeau vers le haut

15 Déc

DSC_0390-2 (Copier)Julie a sans doute comme nous tous un petit grain de folie et elle fait des merveilles pour couronner des têtes, sans être pour autant une chapelière timbrée à la façon du pays des merveilles. Les ouvrières d’usines, véritables chapelières aujourd’hui disparues, travaillaient en effet à garnir des chapeaux à la chaîne. Uniques et personnalisées, les créations de Julie sont au contraire l’œuvre de la modiste qu’elle est devenue il y a de cela quelques années… Mais il n’était pas dit au départ qu’elle tirerait son épingle du jeu : au gré des hasards et coïncidences, elle a su travailler et forcer sa chance.

Tout d’abord une certitude qui froisserait plus d’un parent adepte du « passe ton bac d’abord » : elle se refuse à préparer l’examen. Hors de question cependant de rester les bras croisés. Se sentant plus créative qu’intellectuelle, elle réussit ainsi l’année de préparation à l’école Brassart… mais peine en première année. Direction l’Angleterre durant six mois pour changer d’air.

Puis, vous le croirez ou pas, mais c’est à Christophe Dechavanne et Sophie Favier que l’on doit aujourd’hui de voir Julie derrière le comptoir d’une chapellerie : au hasard du zapping, Julie voit Josette faire naître un chapeau à même la tête de la blonde au cheveu sur la langue. C’est décidé : créer des chapeaux sera son métier !

Direction Paris pour toquer à la porte de Josette, qui l’oriente vers un CAP haute mode avant de la voir revenir en stage puis en tant qu’employée. Reines, stars et top modèles portent les œuvres de la jeune femme, qui après sept années dans cette maison de luxe et haute couture parisienne propose à la patronne de devenir son associée. Réponse de normande, ni oui ni non, pour une modiste qui sait, elle, ce qu’elle veut : changement de cap et retour au bercail.

Pour voler de ses propres ailes c’est en effet le retour en Touraine et un redémarrage à zéro, ou presque. Sur les conseils paternels, Julie pousse la porte de la chapellerie Brun qui ne propose alors pas de créations originales. M. Brun cherche justement à vendre. Le hasard fait donc bien les choses et Julie récupère une clientèle issue d’une génération qui aime travailler du chapeau : bonnets et bérets ou casquettes à l’ancienne sont monnaie courante, avant que les effets de mode ne rajeunissent la moyenne d’âge en mêlant dans les rayons les panamas de tous les jours et les coiffes et capelines du grand jour. Loin des têtes couronnées et huppées de la capitale, et depuis 1902 derrière les comptoirs en bois d’un autre temps et sous le regard sans doute attentif des esprits d’autrefois, la boutique aujourd’hui chapotée par Julie s’offre encore et toujours le luxe de servir et conseiller un à un ses clients. Pour que chacun puisse porter le chapeau qui lui convient !

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Derrière le cadre de Détourages : Julie, modiste et propriétaire de la Chapellerie Brun située place du Grand Marché à Tours. Toutes les informations et horaires sur le site du magasin www.chapellerie-brun.com.

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